23 octobre 2025. Le premier boîtier M équipé d’un viseur électronique intégré est dévoilé. Une date très particulière dans l’histoire de la marque de Wetzlar, donc. Niels Ackermann l’a testé en avant-première. Tour d’horizon avec ce professionnel aussi expérimenté qu’exigeant.
Résolution de 5,76 millions de pixels. Taille de 0,5 pouce. Agrandissement de 0,76x. De quoi parle-t-on au juste? De caractéristiques jusqu’ici totalement inimaginables pour la gamme M, équipée du fameux télémètre. Désormais également disponible avec un viseur électronique intégré (EVF), cette icône de la photographie évolue. Une métamorphose qui respecte pourtant les valeurs et les racines de Leica et permet de viser toujours plus haut.
« Lorsque j’ai pris en main le M EV1 il y a quelques semaines déjà, j’ai immédiatement pensé à un sujet photographique: l’horlogerie », précise d’emblée le photographe genevois. Mais pas n’importe quelle horlogerie. Celle où la main de l’homme fait encore la différence, qui possède une âme et qui pousse la quête de l’excellence aussi loin que possible, en se questionnant jour après jour comment améliorer aujourd’hui ce qui semblait déjà parfait hier. « Car pour moi, cette évolution du M procède exactement de la même philosophie. »
Niels Ackermann a ainsi arpenté les ateliers d’une marque que les connaisseurs s’arrachent désormais: Akriva. Rexhep Rexhepi, son jeune fondateur, et ses collaborateurs y produisent patiemment des pièces de (très) haute horlogerie. Le photographe s’est glissé entre leurs établis afin d’immortaliser les gestes de ces artisans d’art, des innombrables pièces qu’ils façonnent, parfois minuscules, que leurs mains expertes font naître avec un soin inimaginable.
« La qualité des images du capteur de 60 millions de pixels est vraiment incroyable! Et en le combinant aux optiques Leica, la visée électronique devient un choix totalement logique. On peut vérifier son point avec une précision impossible auparavant, savoir exactement à quoi ressemblera l’image finale et vérifier ses réglages sans lever l’oeil du viseur. La visée électronique permet par ailleurs des choses totalement nouvelles: j’ai pu réaliser des vues macro en mettant le Leica Macro-Adapter M. Je ne m’attendais pas à réaliser ce genre d’images avec un Leica M! », s’exclame le trentenaire.
L’ergonomie du boîtier, louée par des générations d’utilisateurs, respecte les codes de la Maison. Même le fameux sélecteur de cadres a conservé sa place. Il permet désormais de piloter facilement de nouvelles fonctions, comme les assistants de mise au point.
« En restant fidèle au design compact d’un Leica M, cet appareil et plusieurs optiques peuvent tenir dans un tout petit sac. C’est le rêve de tout reporter. C’est fascinant de voir une entreprise centenaire se réinventer et construire son futur tout en restant fidèle à ses origines et son histoire. Un peu comme certains horlogers. »
Biographie
Niels Ackermann (né en 1987) est un photographe documentaire suisse. Collaborateur de la presse internationale et de diverses institutions, il consacre une grande partie de son travail à l’Ukraine, qu’il couvre depuis 2009, et où il a vécu de 2015 à 2019. Trois livres sont issus de ses enquêtes photographiques : L’Ange blanc (2016), sur la jeunesse post-Tchernobyl ; Looking for Lenin (2017), qui documente la décommunisation du pays ; et New York, Ukraine (2021), qui dresse la chronique d’une ville en quête d’avenir sur la ligne de front. Ses images, publiées notamment dans The New York Times, Le Monde ou Libération, ont été distinguées par plusieurs prix dont le Swiss Press Photo Award et le prix Rémi Ochlik ; elles ont été exposées dans de nombreux pays. Cofondateur de l’agence Lundi13 et diplômé en sciences politiques, il vit et travaille aujourd’hui à Genève.
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