Pas moins de 640 km séparent Rorschach de Genève. Un périple effectué par Henry Morgan en 19 jours, du Nord-Est au Sud-Ouest de la Suisse. Son ambition? Partir à la conquête du beau, de l’authentique et, pourquoi pas, de l’inattendu. Et en ramener une série d’images saisissantes grâce à son oeil espiègle et ses appareils Leica.

Des fermes. Des vaches. Des lacs. Des montagnes. Et des hommes d’église. Une caricature de notre pays? Non, bien davantage que cela. Un témoignage intemporel, en noir et blanc, d’une mosaïque de territoires où la nature et les hommes qui l’habitent façonnent des paysages d’une beauté à couper le souffle. Une carte postale qui serait toutefois quelque peu ennuyeuse sans le regard volontiers malicieux d’Henry Morgan.

« Nous sommes partis à dix, cinq couples de très bons amis. En deux fois 5 jours et trois fois 3 jours, nous avons parcouru la Suisse en diagonale. Cela représente des étapes quotidiennes de 25 à 30 km. » L’avantage de la marche, c’est la lenteur qu’elle induit indubitablement. En conséquence de quoi le paysage infuse en chacun sa beauté, sa poésie et parfois l’insolite.

Dans la besace d’Henry Morgan, ses deux boîtiers préférés: le Leica Q2 et le M10, tous deux dans leur version Monochrom. « J’apprécie les appareils Leica pour l’excellente qualité des images qu’ils produisent. Le Q2 s’avère en outre robuste, efficace, discret, léger et véritablement conçu pour affronter les intempéries. Le M10 permet quant à lui des changements de focale, ce qui induit une variété supplémentaire dans les images réalisées. »

À travers la série du photographe genevois*, la Suisse se dévoile toujours bien propre, rangée avec un soin un peu trop maniaque parfois. Comme dans l’image de cette maison très « bünzli », avec sa cour soignée, son banc immaculé et son cabanon de jardin donnant sur des montagnes plongeant dans un lac. Un clin d’oeil amusé d’Henry Morgan à cette « suissitude parfaite » – on pense à certaines images d’Arnold Odermatt – à laquelle fait écho la photographie d’un convoi de la KFOR acheminant, dans un décor parfaitement paisible lui aussi, du matériel pour le maintien de la paix au Kosovo.

Cette image illustre à merveille les situations qui peuvent surgir alors même qu’on ne les attend pas et auxquelles il s’agit de réagir instinctivement. « Alors que nous cheminions dans un environnement totalement calme, j’ai tout juste eu le temps de porter à l’oeil mon Q2 et de déclencher avant que ce camion ne disparaisse à jamais. Sans le passage de ce convoi, je n’aurais jamais immortalisé cet endroit. »

Mais la conjonction du paysage apaisé et de l’irruption de ce convoi inattendu, destiné à un territoire en proie à des violences, avait quelque chose d’incongru qui n’a pas échappé à l’oeil du photographe qui, déjà, s’attèle à une autre traversée. « Porrentruy Mendrisio, c’est la deuxième jambe du X constitué par cette double diagonale de la Suisse. » Henry Morgan, il va sans dire, reviendra avec de magnifiques « perles » supplémentaires dans ses boîtiers Leica!

Biographie

Juriste, actif dans le domaine financier depuis 1985, Henry Morgan a vécu à Hong Kong durant quelques années. C’est là que sa passion pour la photographie, qu’il pratique depuis ses douze ans, prend de l’ampleur, grâce notamment à sa découverte du Leica M6.

* Série exposée du 1er septembre au 4 octobre au Leica Store Genève, place de Saint-Gervais 1.